Pour les aventuriers à la recherche de sentiers vraiment isolés, il existe une méthode négligée : utiliser les services de train historiques à arrêt de drapeau. Alors que les déplacements modernes privilégient les routes et les voitures, une poignée de chemins de fer honorent encore une pratique du XIXe siècle qui permet aux passagers d’embarquer et de débarquer à des endroits désignés dans l’arrière-pays. Cela offre un moyen unique d’atteindre des zones sauvages inaccessibles par véhicule, alliant commodité et véritable expérience hors réseau.
L’héritage des arrêts de drapeau
Les arrêts de drapeau étaient à l’origine des points de transport essentiels dans l’Amérique rurale, où les trains constituaient le seul accès fiable aux communautés isolées. Aujourd’hui, ces services sont rares en raison des changements d’infrastructure, mais persistent dans des endroits comme l’Alaska (Hurricane Turn de l’Alaska Railroad), le Canada (VIA Rail) et, étonnamment, le Colorado (Durango & Silverton Narrow Gauge Railroad, ou D&SNGRR). L’idée est simple : les trains s’arrêteront à des endroits prédéfinis sur demande.
Ce n’est pas une commodité moderne ; c’est un retour à une époque où le rail était le principal moyen de transport des personnes et des marchandises à travers des régions sous-développées. Le D&SNGRR au Colorado, en activité depuis 144 ans, en est un exemple, au service des randonneurs, des grimpeurs et d’autres amateurs de plein air cherchant à accéder à la nature sauvage de Weminuche et à la forêt nationale de San Juan.
Comment utiliser les arrêts de drapeau pour la randonnée
L’accès à ces itinéraires nécessite une planification. Contrairement aux réservations de voyages en train modernes, les arrêts de drapeau nécessitent souvent un appel téléphonique pour les réservations (1-888-872-4607 pour D&SNGRR au Colorado). Cela garantit que le chemin de fer est au courant de vos projets, contrôle le trafic dans l’arrière-pays et peut lancer des contrôles de sécurité si vous ne revenez pas comme prévu.
Certains services, comme en Alaska, s’appuient sur un système plus primitif : agiter un drapeau blanc pour signaler le train. VIA Rail au Canada nécessite des arrangements préalables. Au Colorado, l’astuce consiste à faire un signal manuel spécifique : un mouvement « entrecroisé » devant vos genoux, ressemblant à un mouvement de danse des années 1920. Si cette opération n’est pas correctement exécutée, le train peut passer sans s’arrêter.
Les billets sont généralement achetés à bord, souvent en espèces uniquement (35 $ par personne sur D&SNGRR). Des frais supplémentaires peuvent s’appliquer pour les équipements volumineux (cannes à pêche, matériel d’escalade) stockés dans une zone de chargement séparée. Les animaux ne sont pas autorisés.
Sécurité et logistique
Avant de vous fier à cette méthode, donnez la priorité à la préparation en milieu sauvage. Informez quelqu’un de votre itinéraire et de l’heure de retour prévue, et emportez une balise satellite ou un appareil de communication d’urgence. Le service cellulaire n’est pas fiable dans ces zones.
Les arrêts dans l’arrière-pays du Colorado incluent Needleton (pour les randonneurs affrontant trois 14ers) et Elk Park, la seule option en direction du sud. Les groupes sont limités à 15 personnes et le matériel surdimensionné est stocké séparément.
La journaliste de voyage Abigail Bliss a récemment testé le service d’arrêt de drapeau D&SNGRR. Après une randonnée dans la nature sauvage de Weminuche, elle est montée à bord du train à Elk Park, décrivant l’expérience comme « pratique… le seul moyen de se rendre à ces points de départ ». Elle a souligné la nécessité de solides compétences en navigation et d’une conscience des risques potentiels.
“Vous n’allez pas pouvoir suivre une foule… restez sur votre trace. Si vous n’êtes pas préparé, cela pourrait tourner à une mauvaise situation.”
L’expérience de Bliss met en évidence l’attrait unique des voyages avec escale : un mélange d’aventure, de praticité et une connexion immersive avec une époque révolue d’exploration de la nature sauvage.
Cette méthode offre un moyen viable d’accéder aux sentiers éloignés avec la commodité d’un aller-retour. Mais une bonne planification, le respect de l’environnement et la préparation en matière de sécurité sont essentiels.